Vendredi 24 août 2007

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Hier soir grand bien m'a pris de me rendre à l'AfterWork de l'Etoile.
Comme tout le monde je faisais la queue, comme tout le monde je récitais intérieurement et en boucle mon mot de passe afin de pouvoir le prononcer avec aisance et un léger air détaché aux physio de l'entrée.
Le filtre est sélect : les jeans passent s'ils sont bien coupés, le port de baskets ou tout ce qui y ressemble est rédhibitoire. Ah! Enfin un retour aux vraies valeurs! :-)
Pas de traine-savate, de cheveux longs ou de faux workers qui viendrait afterWorker en toute impunité.
Le Worker de l'Etoile est propre. Il a une jolie petite chemise repassée et a visiblement même eu le temps de rentrer chez lui prendre une 'tite douche" afin de se rafraîchir le lard avant sa sortie en semaine.
Ici l'entrée est 3€ plus chère que dans les autres after, mais cette sélection par l'argent est visiblement très largement plébicitée : le nombre de clients en est la plus belle preuve. :-)
En revanche ici, hors de question de plonger vous-même votre cuillère dans une salade de pâte, de choisir entre une aile ou une cuisse de poulet froid et de vous servir, en finissant de vous graisser les mains, des poignées de chips.
Vous êtes à l'Etoile! Hou, hou! Les assiettes sont déjà prêtes. Vous avez même le choix entre rosbeef et poulet : la super classe!
Simple conseil d'ami : à l'AfterWork de l'Etoile fuiez les pâtisseries si elles ne vous fuient pas! Elles sont absolument infectes! Goût médicamenteux, texture gélatineuse, couleur délavée.
Bien évidemment à l'open bar nous buvons du Cointreaupolitain. Nulle surprise : le lobbying de Cointreau pour rajeunir l'image de sa liqueur se voit venir comme un éléphant dans un couloir!! C'est la boisson de TOUS les AfterW à Paris.
Alors Il a fallu se creuser la nénette pour trouver une façon originale de consommer ce vieux breuvage.
On prend le Cosmopolitain -cocktail technique s'il en est puisqu'en boire un bon est aussi difficile que de manger de vraies frites dans une brasserie! Cependant, je conseille mille fois celui de l'Appart ,à prendre au sous-sol paisiblement accoudé au zinc- et on l'affranchit de sa difficile partie technique de dosage et shakage : 5/3/2 Cointreau, jus de cranberries, citron et Hop!
Ensuite on fait imprimer des cartes de visite du cocktail(!!!) pour que les consommateurs -on ne parle pas encore de clients  Môssieur- se rappellent de ce qu'ils ont bu (c'est le paradoxe : vous mettre une raclée parce que vous faite d'une nouvelle boisson un favori présente de fort risque d'amnésie de celle-ci CQFD)
Enfin il faut la distribuer...mais pas trop. En effet, il est indispensable de ménager une valeur chère (LA valeur en fait) à nous autre capitaliste : la rentabilité de la soirée. C'est là que le coup pourri du shaker intervient.   Appréciez l'astuce -grotesque et minablement déguisée- :
Le barman dispose d'une vasque remplie de cocktail qui partirait beaucoup trop vite s'il était servi bêtement à la louche - je vous rappelle que la priorité est la rentabilité non la satisfaction du client-
La boisson est d'abord versé dans le shaker.
Le barman referme le shaker.
Ne shake rien du tout.
Sers un, deux et...difficilement 3 verres en faisant semblant d'utiliser le filtre de l'instrument.
Il réouvre le shaker.
Retire le filtre.
Reverse du cocktail dans le shaker.
Et ainsi de suite en ajoutant les données suivantes :
Il n'y a qu'un barman par bar.
Généralement un consommateur, mandaté par ses joyeux collègues, présente 2 à 3 verres.
Il y a minimum 300 personnes à un after.

Open bar oui, mais avec cette délicate technique pour gagner un max de temps en servant le client et donc en jouant la montre jusqu'à l'heure fatidique de la fermeture de l'Open Bar.
Ca on connait, leur technique est percée à jour.
Mais il y a 2 paradoxes ahurissants qui subsistent dans tous les AfterWork :

1-les clochardes
-"Les clochardes?!!" me direz-vous.
Ce sont des filles d'apparence commune qui sont en fait des crèves la faim. Elles ont payé leur entrée comme tout le monde. Sont vêtues de façon correctes. Mais n'ont absolument aucune éducation ni aucune tenue. Ce qui les laisse se permettre tout et surtout n'importe quoi. Elles n'hésiterons pas -véridique!!- à vous demander si elles peuvent finir votre verre!!! A vous aborder dans la queue au bar pour vous demander de remplir leur verre!! Ne voulant pas faire la queue au buffet essayeront de vous racketter la 2ème assiette qui vous attends, et vous raconteront, avec un mauvais talent de mythomane, des histoires à dormir debout pour vous taxer votre dessert. Les filles pour faire la quête faut aller à la messe pour faire la manche faut aller dans la rue...mais pas à l'Etoile. Dehors les crèves la dalle, merde!
Ce qui est dingue c'est que le phénomène est particulièrement développé à l'AfterWork de l'Etoile.
Les privilèges : oui...mais ils se méritent! merde!

2- les clochards
C'est totalement paradoxal, après une journée de boulot, de payer 15€ pour faire la queue au bar pendant 1/2hr comme un clodo pour avoir accès à l'Open bar qui vous délivrera un malheureux verre mal rempli avec l'attente mise en place comme démontré ci-dessus.
Ca génère des comportements de clodo tel que, une fois servi, boire cul-sec son verre(et pourquoi pas ceux de ces joyeux compagnons mandateur) pour ne pas avoir à se retaper la queue et se faire immédiatement re-servir.
Ca génère des comportements de clodo comme une alcoolisation massive en un court laps de temps.
Ca génère des comportements de clodo alcoolisé comme regarder, aux chiottes, la bite de son voisin de pissotière, commenter puis immédiatement l'ouvrage fini lui serrer la main avec une poigne que seule la camaraderie saurait donner.
Ca génère des comportements de clodo alcoolisé comme le fait de penser que tout le monde est ton ami le plus fidèle et que ton manque d'éducation te laisse croire que tu peux tout te permettre.
Ca génère des comportements de clodo alcoolisé comme le fait de penser que le temps d'une soirée t'es un mec super important qui a un job en or super bien payé -alors que t'es smicard de merde- que tout le monde t'envie sans savoir ce que tu fais exactement -alors que toute la journée tu n'es traité qu'à ta juste valeur : insignifiant-
Ca génère des comportements de clodo alcoolisé comme le fait de frimer parce que tu as une bouteille de Vodka à 90€  -Eristoff alors que Grey Goose à dépensé une fortune en goodies derrière le bar...il doivent apprécier!!- à ta table...et que c'est pitoyable d'être 17 sur une bouteille!

Enfin j'allais oublier que malgré le "prestige" du lieu le DJ est un Mickey. C'est insupportable de voir qu'un mec comme ça se vend comme DJ alors qu'il vous fait un paquet de mitraillettes durant la soirée. Merde! Si tu sais pas mixer avec le matos de dingue qui permettrait à un sourd de passer pour David GUETTA : ben casse toi et change de boulot. Sois humble et n'accepte pas d'être aussi médiocre!

En résumé : les AfterWorks sont peuplées de clochards fauchés.
Vivement la semaine prochaine :-)

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