Jour de KriZa Bar

Publié le par Tanaka




























A trop sortir, cela devait m'arriver un jour...mais quand?
Je restais dans l'ignorance.
Livraison hier au soir, tard, en attendant patiemment, dans le quartier de la Gaité, que s'épuise la clientèle du bowling adjacent au Méridien ****.

Il ne s'agissait, au départ, que d'un bar à l'air sympa. Suffisamment en tout les cas pour attirer mon oeil. Une carte claire et limpide, des tarifs abordables et un lieu empreint d'une ambiance comme j'aime : un peu chicos, non ostentatoire et discrètement minimaliste -l'occasion de se poser, tel André Breton dans Nadja, une vraie et belle question toute dégoulinante de surréaliste : Et tout ne reviendrait-il pas à savoir si je ne suis pas fana de minimalisme? Je tâcherais d'y répondre un de ces 4-. Les éléments de déco le prouvent bien.
Beau bar -avec un je-ne-sais-quoi de Nighthawks-, originalité des abats jours, judicieux choix de couleurs, mélange parfaitement réussi d'un mobilier contemporain avec les canapés et fauteuils club. Absolument rien à redire. Paisible, l'architecture intérieure évoque étonnamment et sans le vouloir un appartement. Service souriant, rapide et gay. Lieu calme. Sur l'écran plasma mural, à gauche en entrant, un concert est donné par une des rares stars de la chanson exemptée de problème de drogue et d'alcool : j'ai nommé Otis Redding...quand je vous dis qu'ici tout respire le bien être et la santé :-)

Le lieu est connu pour être agréable, pour ses apéritifs dînatoires, son jambon Ibérique et ses petites tapas abordables.
Spécialité du KriZa Bar qui fait, à elle seule, la réputation du lieu : sa fondue au Toblerone!!!
Non, vous ne trouverez la recette ni dans Les Casseroles de Nawal -j'ai cherché I promise!!-, ni chez Boris -il préfère parfaire notre culture musicale en ce moment et c'est tout à son honneur...et ça n'est pas un luxe pour ma part -, ni chez Kozlika dont on préférera pour le moment qu'elle maîtrise le maniement enthousiaste de sa perceuse avant de s'attaquer à celui d'un service à fondue ;-)).
Simplicité de la recette : des morceaux de fruits frais de saison et diverses friandises à tremper excessivement dans la confiserie éponyme chaudement fondue. Inutile de vous le recommander : vous savez déjà que c'est divin! :-)

Comme à l'accoutumée, dévoué à ma cause, je me rends nonchalamment aux toilettes l'Ixus dans la poche -mes ami(e)s s'inquiètent beaucoup de ces systématiques tournées et me pensent atteint soit de forts troubles prostatiques, soit d'une mauvaise cystite! S'ils savaient! :-)).

Choc pleine face une fois la porte poussée : voilà le lieu d'aisance le plus contemporain chic designed qu'il m'ait été donné de voir jusqu'ici!!!
Coloris d'Henri-Marie Beyle. Rouge du plafond jusqu'au tiers inférieur ardoisé de noir.
Opposition et dualité d'entrée.
Homme sur la gauche et Femme sur la droite.
Agrément du lavabo central -clé de voûte de ce petit endroit qui fait également office de partie commune- : un pousse-mousse et d'épaisses serviettes en papier -ça me conforte dans l'idée que le souffleur, en plus d'être bruyant à souhait, est grossier-  tirée d'un distributeur ultra design en alu brossé- il serait signé Pininfarina que ça m'étonnerait à peine!- .
Ce lavabo est un chef-d'oeuvre de design!
Sobre et gravitationnel, le réceptacle est tout en ardoise d'Angers : la douce pente créée permet à l'eau de naturellement s'écouler vers la gauche du lavabo en direction de la vidange. Robinet avec double bouton cruciforme chromé, eau chaude bien évidemment de mise s'il vous plaît.
Côté Homme, l'urinoir règne.
Nettement plus beau que l'oeuvre Dada de Duchamps et pourtant celui-ci ne sera certainement jamais racheté par l'Etat Français pour un montant 1,3 MF et ne côte pas ce jour 2,8 ME. Alors, face à pareille oeuvre, je me suis glissé dans la peau d'un Pierre Pinoncelli. Une demi-heure de séance photo avant de, je cite le pré-cité : "terminer l'oeuvre et lui donné sa pleine qualification"...en fait une simple miction dans l'objet sus-cité et aucun coup de marteau porté. Ouf!
 Simple, simple c'est vite dit quand même : pour la première fois de ma vie je vois un urinoir avec une mouche gravée au fond. Je connaissais déjà le principe : cela améliore la visée, l'homme ayant par instinct le besoin d'uriner sur un support quelque qu'il soit (arbre, pan de mur, chien errant ou certain soir de grande beuverie les chaussures des autres voire les siennes ). Une déclinaison footballistique du concept existe même :  preuve que cette passion invasive, illustration sublime du "panem et circenses", rend ses victimes encore plus sottes que je ne le pensais.
Trêve de digression.

Au dessus de l'urinoir, en hauteur et suspendue au luminaire, une cravate nouée vient enfoncée le clou de l'identité liée au lieu.
Son pendant côté femme : un miroir.

Ma nuit a été agité et je me sens depuis hier au soir rempli de tracas.
La faute incombe à cet accessoire kitch gay par excellence, située juste au-dessus de l'urinoir : une boule à neige de Notre Dame de la Garde veille.
Mais que vient donc faire la "Bonne Mère" dans un lieu d'aisance! Ne respecterait-on plus rien en ce bas monde?
Une explication point  : il s'agit parfaitement du contraire, croyez-moi.
Les fonctions de Marie ont été, de fait,  proportionnellement adaptée à sa taille...

La beauté des toilettes du KriZa Bar est un hommage rendu, une sorte d'ex-voto architectural, et cela suffit à en faire un lieu saint.
D'ailleurs après une observation attentive, nous y trouvons bien la nef -le lavabo très symbolique- au milieu de laquelle est réservé un passage libre séparant les hommes des femmes. Et un transept qui coupe à angle droit la nef principale pour donner la forme caractéristique de la croix.
 La suite coule de source : rouge couleur de l'amour, de la passion, de l'appétit et de la vie, du pouvoir, mais aussi de l'érotisme, de la luxure et du diable d'où cet immédiat rappel au noir évocateur du mystère, des ténèbres de l'occulte et de la mort, de l'austérité matérialisée par l'ardoise, pierre métamorphique froide imperméable à tout élément qui nous est vital : eau -aspect symbolique évoqué par le lavabo- et air.

En cette "chapelle" chargée de symbole, brille, couverte d'or, la gardienne des traditions qui joue ici pleinement son rôle.
Vierge et accompagnée de l'enfant Jésus, notre "Bonne Mère" veille en fait en ce lieu saint au bon déroulement de la cérémonie du premier des trois sacrements de l'initiation chrétienne : aspersion et donc baptême, ici perpétuel, de son amie la mouche :-)
D'ailleurs s'il y  a un volontaire pour l'onction au Saint Chrême voici l'adresse :-)) :

KriZa Bar
9, Rue Vandamme
75014 PARIS
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Publié dans Tanaka

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C
J'adore découvrir de nouveaux lieux, et celui ci je ne le connais pas encore ... Tu me donnes grandement envie de m y rendre, merci ! <br /> Ps : Sinon cela me conforte de ne pas être la seule "dingo" à photographier les water closet des resto que je fréquente... Pire j'ai même commis une vidéo d'ambiance dans les Toilettes KONGiennes très Design et très Starck ;-)  Mais pas plus de 2 minutes et discrétos, je ne tiens pas à finir dans une camisole !<br /> A bientôt à Paris carnet alors ?
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T
Tu me diras ce que tu en as pensé alors...du resto, comme des toilettes ;-)<br /> Je pensais être le seul blogueur à avoir une rubrique qui met en corrélation la qualité de ce qu'il y a dans l'assiette avec la propreté de ses  toilettes...eh ben non!!!<br /> Où se trouve donc cette vidéo sur les toilettes du Kong? J'y suis allé avant l'ouverture de mon blog. Je n'avais pas du tout aimé la qualité du resto-plats froids, non savoureux et à un prix absolument pas en adéquation et service limite.<br /> Pour Paris Carnet, je ne serais malheureusement pas des vôtres ce soir...peut-être une prochaine fois...
K
Ah, mais justement je me demandais si je ne utiliser la perceuse pour faire centrifugeuse pour préparer une fondue. Tu crois que c'est pas une bonne idée ?
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T
:-) Bof, tu sais une centrifugeuse pour une fondue...bof.... :o)