Jour de Chiottes 4




Toilettes des Cimes et du Café de la Jatte
Dans notre beau pays, on a coutume de dire -et surtout de croire- que l'état des toilettes d'un établissement reflète son hygiène générale, la qualité et la fraîcheur de ses produits, l'âge du patron,la couleur du cheval blanc d'Henri IV...
En tant que défenseur de cette thèse je décide de la soumettre à l'objectivité et vous ramène régulièrement, les photos des toilettes de 2 lieux parisiens.
A chacune de mes rubriques je fustige largement l'inutilité absolue ainsi que les effets néfastes, voir pervers, des sèche-cheveux-rotissoire-à-mains vissés au mur.Rares sont les endroits prospectés qui n'en disposent pas.
Dans le cadre de mon enquête JDC, une profonde réflexion s'impose :
- soit je ne sors plus dans les endroits bien comme il faut de la Capitale,
- soit les commerciaux pour les marques de souffleurs bossent...et bossent dur!
Cela va de soi, j'opterais, avec la mauvaise foi qui s'impose, pour la 2ème solution.
Chaussures chaussées, c'était un samedi après-midi marche, une visite curieuse rendue à l'arrondissement numéroté 11. Belleville. La pluie s'intensifie, refuge vers "Les Cimes" rue Oberkampf. Café Bobo - mais est-il utile de le préciser-, hésitation durant un court instant à l'entrée : j'ai cru que le port du Mac était obligatoire. C'est ici qu' Apple doit faire ses meilleures ventes. Avant de partir je me fait recommander les toilettes. Quelle surprise en effet! La propreté est irréprochable, le high-tech du lavabo est séduisant en plus d'être hygiénique,en revanche le mariage du noir et du vert est très très improbable. Le souffleur me nargue. Juste retour des choses! Les toilettes sont ici à la fois à l'image du service mais aussi un bon reflet du concept bohème : ça se veut interrogateur et original, mais ça n'est que simplement pratique et confortable pour les usagers...au détriment de toute réflexion et de tout bon goût. Notre axiome se vérifie, la morale est sauve.
Le 8 avril 2006, 20hr, direction le Café de la Jatte afin de fêter un important anniversaire. L'accueil est parfait -champagne offert svp- mais ne doit en aucun cas me faire perdre mon objectivité. La salle, gigantesque, avec sa reproduction de squelette préhistorique suspendue au plafond, le service discret mais présent, cuisine délicate, la table "nappée". C'est un charme. Un charme un peu désuet même. Très années 50, et donc en adéquation -d'une certaine façon- avec le restaurant, les toilettes sont en damiers noir et blanc, le souffleur est pour sa part excessivement chromé et le lavabo très large et en épaisse porcelaine. Hygiène irréprochable là encore, à table comme dans les toilettes. Notre coutume a de beaux jours devant elle.
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